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Qu'est-ce que l'autismmaxxing ?

Ce n'est pas une invention de TikTok. La première occurrence retrouvée date de 2018, sur un forum de looksmaxxing, employée comme insulte. Le mot a ensuite migré vers les espaces communautaires autistes et inversé son sens en chemin ; il désigne aujourd'hui deux choses opposées à la fois.

Par Samet Durgun · Cofondateur de Subtext · 18 min de lecture

Vous l’avez déjà vu dans une légende ou une bio, probablement à côté d’un post sur les trains, sur Touhou, ou sur un tableur recensant tous les films regardés en 2024. J’ai cofondé Subtext, qui lit le ton des messages, et ce qui m’intéresse dans ce mot, c’est qu’il fonctionne comme une instruction de ton. Il indique au lecteur comment interpréter ce qui suit avant même qu’il l’ait lu.

Voici ce que c’est, d’où ça vient, et ce que la recherche à ce sujet permet ou non d’affirmer. En résumé : c’est un mot né sur les forums masculins d’amélioration de soi, que les personnes autistes ont repris et retourné, il porte aujourd’hui deux sens qui se contredisent, et presque toutes les affirmations assurées formulées à son sujet, dans un sens comme dans l’autre, reposent sur du discours plutôt que sur des données.

D’où vient le suffixe

Le suffixe « -maxxing » a une généalogie que la plupart des explications comprennent en partie de travers.

Le contexte, c’est le vocabulaire de l’optimisation. Le théorème du minimax, en théorie des jeux, remonte à von Neumann en 1928, et le « min-maxing », comme optimisation de personnage, est attesté dans des manuels de jeu de rôle dès le milieu des années 19901. Ni l’un ni l’autre n’est un ancêtre lexical prouvé. Ils forment la culture qui a rendu le mot intelligible.

Le lien solide, c’est looksmaxxing. L’analyse linguistique de Prażmo l’identifie comme le prototype à partir duquel se sont développées les formations productives en « X-maxxing », et retrace la morphologie : maximise, raccourci en max, doublé en maxx, puis réanalysé comme un suffixe capable de s’attacher à n’importe quoi2. Il s’agit d’un seul article, publié dans une petite revue de linguistique : à considérer comme la meilleure explication disponible, pas comme une littérature établie.

Looksmaxxing lui-même est apparu dans les communautés incel au milieu des années 2010, avec un usage sur 4chan archivé en novembre 2015, et il s’accompagnait de tout un vocabulaire : LMS pour looks, money and status (apparence, argent, statut), SMV pour sexual market value (valeur sur le marché sexuel), softmaxx et hardmaxx, ce dernier incluant la chirurgie3. Cette origine n’a rien d’accessoire. La grammaire du « -maxxing » consiste à traiter des qualités personnelles comme des statistiques à optimiser sur un marché concurrentiel.

Puis l’idéologie a été délestée en cours de route. En se répandant sur TikTok dans les années 2020, le suffixe est devenu un gabarit universel : sleepmaxxing, studymaxxing, gymmaxxing, friendshipmaxxing. Un décompte dans les archives d’un grand quotidien a relevé looksmaxxing trois fois avant 2024 et trente fois au premier semestre 20264. Un simple relevé fait par le blog d’un magazine, non répliqué, mais qui donne une indication du moment où le mot est devenu grand public.

Quand apparaît autismmaxxing pour la première fois

C’est ici que le récit communément admis s’effondre.

La première occurrence datée retrouvée se trouve sur Looksmax.org, un forum masculin d’amélioration de soi, le 24 octobre 2018, dans un fil où l’expression apparaît comme une raillerie5. Un deuxième usage sur Looksmax suit en février 2019, puis un fil d’Incels.is intitulé « Autismmaxx thread » en septembre 2020. Dans les trois cas, l’autisme sert d’étiquette péjorative pour désigner un comportement socialement atypique, et non une identité revendiquée.

Notez la date. Cette première attestation précède de deux mois la première apparition de looksmaxxing dans la presse grand public. Le mot composé existait déjà dans la sous-culture avant que le mot dont il dérive n’atteigne le grand public.

Affirmer que « autismmaxxing est une tendance TikTok » n’est donc pas défendable. Le mot a migré des forums looksmax vers la culture du mème sur Reddit, puis vers les espaces communautaires autistes, et c’est quelque part sur ce trajet qu’il s’est inversé. Octobre 2018 est la première occurrence retrouvée, pas une date de création. Des usages antérieurs pourraient exister dans des fils supprimés ou jamais archivés.

Sur TikTok et X, personne ne peut établir un premier usage ni un décompte fiable. TikTok bloque l’indexation ordinaire des pages concernées, et X ne publie aucun compteur de hashtag faisant autorité. Deux recherches indépendantes ont abouti à la même conclusion, ce qui constitue le point d’accord le plus solide de tout ce dossier : tout chiffre du type « #autismmaxxing totalise X millions de vues » est invérifiable, et je ne vous en donnerai pas.

Les trois choses que le mot peut vouloir dire

Le démasquage (unmasking). Assumer pleinement ses traits autistiques plutôt que de dépenser de l’énergie à les réprimer. Dans les fils communautaires, cela se traduit par l’abandon des expressions faciales jouées et du contact visuel forcé, l’acceptation d’un affect plat, le port de protections auditives en public, le fait de quitter un lieu écrasant sans s’excuser, l’investissement assumé dans des centres d’intérêt spécifiques, et le refus des sollicitations sociales pour éviter l’épuisement. Une internaute d’un subreddit pour femmes autistes, dans un fil demandant comment « autismmaxx », a décrit combien elle aimait son propre affect plat et son regard vide6. C’est une revendication identitaire qui s’inscrit dans une lignée vieille de trente ans, que la section suivante retrace.

La performance. Se composer, pour un public, un personnage excentrique, socialement maladroit ou hyperfixé, parfois sans le moindre diagnostic. L’exemple le mieux documenté est un post de 2025 sur un forum looksmax donnant pour instruction de simuler des comportements stéréotypés5. Un seul post marginal, qui ne prouve pas l’ampleur du phénomène. Les critiques formulées à ce sujet dans les fils communautaires autistes portent sur le fait que des mots à connotation clinique comme « en surstimulation » s’appliquent à une simple fatigue ordinaire, que des préférences banales se voient lues comme des signes diagnostiques, et que cette esthétique met en avant les traits singuliers tout en occultant les besoins de soutien.

La blague entre les deux. Un engagement profond et conscient de lui-même envers les réseaux ferroviaires, la technologie obscure, l’anime, les connaissances encyclopédiques. Certaines des personnes qui publient ce genre de contenu sont autistes, d’autres non, et le post ne précise presque jamais lequel. Ne déduisez pas un diagnostic d’une légende.

Cette ambiguïté, c’est le phénomène lui-même. La même phrase peut signifier « j’abandonne la honte liée à mes centres d’intérêt autistiques » ou « je vais jouer le stéréotype d’une personne autiste ». La première est une réappropriation. La seconde peut être une parodie, une insulte, une posture aspirationnelle de « nerd » ou une appropriation, et le mot ne vous dit pas laquelle. Une légende de trois mots qui autorise trois lectures incompatibles est, pour ce que ça vaut, exactement le genre de chose que Subtext signale, et exactement le genre de chose qu’aucun outil ne peut trancher sans connaître la personne.

Un détail qui vaut la peine d’être connu : un fil Reddit rapporte des comptes suspendus ailleurs sur la plateforme pour avoir employé le mot à propos de leurs propres stratégies d’adaptation, la modération réagissant à la forme héritée des incels sans tenir compte de l’intention6. L’origine du mot le poursuit partout où il va.

Et quand quelqu’un vous explique comment « la communauté autiste » a réagi à tout ça : aucune des deux recherches n’a trouvé d’enquête représentative sur l’attitude des personnes autistes envers ce terme. Ce qui existe, ce sont des posts individuels qui tirent dans des directions différentes. Tout ce qu’on peut dire d’une réaction communautaire repose sur du discours, pas sur des données.

L’héritage dont hérite la lecture « démasquage »

La position identitaire a une histoire qui précède de plusieurs décennies TikTok, Reddit et les forums looksmax.

Le discours prononcé par Jim Sinclair en 1993 devant une conférence à Toronto en est la racine philosophique7. « Il n’y a pas d’enfant normal caché derrière l’autisme. L’autisme est une manière d’être. » Tout, dans la lecture « démasquage » d’autismmaxxing, découle de cette phrase.

Le mot « neurodiversité » est généralement attribué à la thèse de Judy Singer de 1998 et à un chapitre d’ouvrage de 19998. Cette attribution a fait l’objet d’une correction publiée : Botha et ses collègues soutiennent, dans la revue Autism, que le concept s’est développé collectivement sur une liste de diffusion au milieu des années 1990, avant toute publication académique individuelle9. Ne présentez pas Singer comme l’unique créatrice du terme, et ne traitez pas le récit collectif comme une rumeur. Il existe une correction dans la littérature scientifique.

Cette histoire offre une distinction nette. « Je vais cesser de considérer mes manières d’être et mes centres d’intérêt comme des défauts embarrassants » découle directement de Sinclair. « Je vais cultiver des traits qui me font paraître autiste » n’en découle pas, et entre même en contradiction avec cette position.

Ce que dit vraiment la recherche sur le TikTok autisme

Vous avez sans doute déjà vu l’affirmation selon laquelle le contenu sur l’autisme diffusé sur TikTok serait en grande partie faux. Trois études, et la deuxième change le sens qu’il faut donner à la première.

Aragon-Guevara et ses collègues ont évalué 133 vidéos informatives parmi les plus vues sous le hashtag #Autism, qui totalisait à l’époque 11,5 milliards de vues cumulées10. 27 pour cent étaient exactes, 41 pour cent inexactes, 32 pour cent surgénéralisées. Les vidéos inexactes et exactes obtenaient des vues et des mentions « j’aime » statistiquement similaires, ce qui montre que l’algorithme de recommandation ne favorisait pas l’exactitude. Les professionnels de santé diplômés étaient plus exacts que les créateurs autistes ou les créateurs généralistes. Aucun financement déclaré.

Gilmore et ses collègues ont analysé 678 vidéos #autism totalisant chacune au moins un million de vues, et ont trouvé que 61,4 pour cent relevaient du témoignage personnel, 31,4 pour cent de l’observation, et 7,2 pour cent seulement de l’éducatif11. La majorité du contenu sur l’autisme le plus performant, ce sont des gens qui racontent leur propre expérience. Appliquer une grille de lecture fondée sur l’exactitude à un témoignage, c’est mesurer la mauvaise chose : dire « ça m’arrive » n’équivaut pas à affirmer « c’est un signe diagnostique ». L’écart entre ce qu’un message dit et ce qu’il prétend, c’est précisément ce que Subtext est conçu pour lire, donc j’ai une certaine sympathie pour les évaluateurs de cette étude.

Brennan et ses collègues ont examiné les 50 vidéos les plus vues sous chacun de trois hashtags, soit 150 vidéos au total, et ont trouvé 46 pour cent de trompeuses et 6 pour cent de cliniquement exactes, aux côtés de 55 pour cent de personnelles et 69 pour cent relevant de l’expression de soi, les catégories se recoupant entre elles12. L’échantillonnage diffère, donc il ne s’agit pas d’une réplication de la première étude, et elle met en avant l’identité et la validation autant que la désinformation.

La formulation à retenir : le TikTok autisme populaire mélange témoignage, construction communautaire et affirmations cliniques, et quand les chercheurs isolent et évaluent les affirmations factuelles, une inexactitude substantielle apparaît, mais l’essentiel de ce contenu n’a jamais été purement éducatif au départ.

Le diagnostic est-il une mode ?

Les données confirment une hausse des diagnostics, une hausse de l’auto-identification, des obstacles d’accès bien réels et une sous-reconnaissance historique des femmes et des adultes. Elles ne confirment pas l’idée que cette hausse s’explique en majorité par des gens qui s’approprieraient une fausse identité à la mode.

Les diagnostics d’autisme enregistrés dans une base de données de soins primaires au Royaume-Uni, portant sur plusieurs millions de patients, ont augmenté de 787 pour cent entre 1998 et 201813. Selon les auteurs eux-mêmes, une meilleure reconnaissance et un élargissement des critères sont des explications plus plausibles qu’une hausse équivalente de la prévalence réelle. La surveillance américaine situe le taux chez les enfants de 8 ans à environ 1 sur 31 pour 2022, contre environ 1 sur 36 pour 202014.

L’étude récente la plus utile sur l’auto-identification a comparé 147 adultes autistes américains s’auto-identifiant comme tels et 115 adultes américains formellement diagnostiqués15. Plus de 93 pour cent des deux groupes dépassaient le seuil de dépistage, et 68,7 pour cent des personnes auto-identifiées ont déclaré qu’elles souhaiteraient un diagnostic formel si les obstacles étaient levés. Un score de dépistage n’est pas un diagnostic, et tout le monde s’était déjà auto-sélectionné. Ce que cette étude fragilise, c’est la caricature selon laquelle l’auto-diagnostic correspondrait à des gens qui choisiraient de ne pas se faire évaluer.

Le désaccord est réel, et il oppose des personnes qualifiées. Uta Frith a soutenu que l’élargissement du diagnostic pourrait désormais produire un surdiagnostic. Mary Doherty, médecin autiste et fondatrice d’Autistic Doctors International, soutient que la hausse des diagnostics chez les adultes reflète le fait que des personnes longtemps passées inaperçues sont enfin reconnues. Ce sont là les avis de deux expertes, pas une preuve en faveur de l’une ou de l’autre, et le fait que Doherty soit elle-même une clinicienne autiste compte, parce qu’il ne s’agit pas ici d’une opposition entre cliniciens et militants.

L’argument de la contagion sociale, et pourquoi il ne s’applique pas

Il existe une véritable littérature sur les réseaux sociaux et les symptômes fonctionnels de type tics. Une série de six cas a décrit des adolescentes présentant des symptômes après exposition à la même personnalité en ligne16. Une clinique allemande a examiné 32 patients dont les symptômes remontaient à une seule chaîne YouTube, distingués du syndrome de Gilles de la Tourette par un âge d’apparition plus tardif, un début brutal et la reproduction des vocalisations propres à l’influenceur en question17. Une enquête menée auprès de 2 509 personnes a fourni des données de prévalence sur ce phénomène18.

Deux recherches indépendantes ont conclu que cela ne s’applique pas à l’autisme, et aucune des deux n’a trouvé de travaux évalués par les pairs appliquant un cadre de contagion validé à l’autisme lui-même. Le comportement fonctionnel de type tics est une présentation fonctionnelle à apparition rapide. L’autisme est une condition neurodéveloppementale qui suppose un historique développemental.

La phrase prudente à retenir : les réseaux sociaux propagent de façon démontrée du vocabulaire, des cadres explicatifs, une attention portée aux symptômes, des auto-étiquettes et des normes de présentation. Ce n’est pas la même chose que de propager l’autisme. Passer des résultats sur les tics à « TikTok cause l’autisme » est une extrapolation faite par des commentateurs, pas par les chercheurs qui ont mené les travaux sur les tics.

La question de la masculinité

L’argument historique est solide. Autismmaxxing hérite sa grammaire d’un discours de statut explicitement masculin, et toutes les premières attestations proviennent de forums masculins. L’autisme reste connoté masculin, et une expérience menée en 2023 auprès de 300 adultes a mis en évidence une association implicite entre autisme et masculinité19. Cela offre un raccourci au mème : détachement émotionnel, compétence obsessionnelle et indifférence aux conventions sociales peuvent se lire à la fois comme masculins, autistes et porteurs de statut.

L’argument psychologique, lui, ne l’est pas. Aucune des deux recherches n’a trouvé d’étude montrant que revendiquer l’autisme fonctionne comme un signal de statut chez les hommes. Le discours du type « l’autisme comme superpouvoir » est omniprésent, et la culture internet traite l’expertise obsessionnelle comme un compliment, mais cela ne démontre pas que l’étiquette fait grimper le statut. Écrivez que la tendance puise dans un stéréotype de compétence. N’écrivez pas que la recherche a démontré qu’autismmaxxing relève d’une maximisation de statut.

S’identifier à l’autisme, est-ce que ça aide ?

Cooper, Smith et Russell ont interrogé 272 adultes autistes et 267 adultes non autistes au Royaume-Uni20. Les participants autistes ont rapporté une estime de soi plus basse et davantage d’anxiété et de dépression, et parmi eux, une identification plus forte à la communauté autiste était corrélée à une estime de soi personnelle plus élevée, avec des liens indirects vers une anxiété et une dépression plus faibles, par l’intermédiaire de l’estime de soi collective.

Une revue systématique de 2024, portant sur 20 études quantitatives retenues parmi 3 617 examinées, a affiné ce constat : les gens développaient une identité autiste plus positive lorsqu’ils recevaient de l’acceptation et du soutien de l’extérieur à l’égard de leur autisme21. C’est cette lecture qui correspond au phénomène du mème. Un détail issu de la fusion des sources mérite d’être signalé plutôt qu’accepté tel quel : le découpage ci-dessus, selon lequel l’évaluation positive et le sentiment d’appartenance seraient plus systématiquement liés au bien-être que la centralité, c’est-à-dire la place que l’autisme occupe dans la définition de soi, n’apparaît que dans une seule des deux recherches, et je n’ai pas pu le confirmer indépendamment en consultant l’article. Considérez la tendance générale comme solide, et ce découpage précis comme non confirmé.

Ce que cela permet d’affirmer : l’élément positif plausible dans autismmaxxing n’est pas de maximiser les comportements autistiques. C’est de réduire la honte et d’adopter un regard plus positif sur une identité que l’on possède déjà. Même cela reste une simple association. Aucun essai n’a testé si le fait d’adopter ce vocabulaire améliore quoi que ce soit.

Qui est absent de cette conversation

Le contenu très vu sur l’autisme est produit par des personnes capables de produire du contenu très vu, ce qui sélectionne fortement des créateurs verbaux, ayant de faibles besoins de soutien. Quand l’autisme se réduit visuellement à un casque anti-bruit, un centre d’intérêt spécifique et une maladresse sociale, l’esthétique qui en résulte laisse de côté le handicap de communication, le handicap intellectuel, l’automutilation, le recours à la CAA (communication alternative et améliorée) et les soins permanents.

Cet argument structurel tient debout. L’attribution, elle, demande de la prudence. Une des deux recherches a cherché un corpus substantiel de créateurs autistes à besoins de soutien élevés réagissant spécifiquement à autismmaxxing, sans en trouver. La plupart des critiques repérables proviennent de parents, de cliniciens et d’organisations de défense des droits qui parlent de cette population, plutôt que de personnes identifiables comme en faisant partie. Attribuez donc chaque critique à qui la formule réellement, et notez que la quasi-absence des personnes autistes à besoins de soutien élevés dans cette conversation précise fait elle-même partie de l’histoire.

Ce que ça change dans l’écriture

Une des recherches a cherché des preuves que les personnes utilisant cette étiquette écrivent différemment, en examinant la longueur des phrases, la ponctuation, le temps de latence des réponses et le vocabulaire, et n’en a trouvé aucune. Il n’existe pas de style autismmaxxing.

Ce qui existe, en revanche, c’est une couche de cadrage. Le mot apparaît dans les légendes, les bios et les réponses pour indiquer au lecteur comment interpréter ce qui suit : un déversement d’informations, un post technique de niche, un enthousiasme sans filtre, une franchise abrupte, une répétition, une autodérision. Il transforme le « pourquoi tu écris comme ça » en « je sais exactement comment ça se lit, et je l’assume ». C’est une interprétation, pas un résultat de recherche, et je le signale comme tel.

C’est aussi, de mon point de vue, tout le sujet de ce blog vu de l’autre côté. Tout ce que fait Subtext porte sur l’écart entre la façon dont un message se lit pour la personne qui l’a écrit et la façon dont il se lit pour celle qui le reçoit. Autismmaxxing est une manière de combler cet écart en le déclarant d’emblée, en trois mots. Que ça marche ou non dépend entièrement de savoir si le lecteur sait lequel des trois sens vous vouliez dire, ce qui nous ramène exactement à notre point de départ.

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Sources

Numérotées dans l’ordre d’apparition ci-dessus. Quand un chiffre n’a pas pu être vérifié auprès de la source primaire, le texte le signale.

  1. von Neumann, J. (1928). Zur Theorie der Gesellschaftsspiele. Mathematische Annalen, 100, 295 à 320. Avec le Advanced Dungeons and Dragons Dungeon Master Guide révisé, TSR, 1995, comme meilleure attestation publiée du min-maxing. Contexte historique, pas une filiation lexicale prouvée.
  2. Prażmo, E. (2024). Affixmaxxing or the emergence of new derivational affixes in online discourse: A construction morphology approach. Topics in Linguistics, 25(1), 70 à 82. Article isolé dans une petite revue spécialisée. Aucun financeur identifié.
  3. Entrée du dictionnaire d’argot Merriam-Webster pour looksmaxxing, et l’archive Know Your Meme documentant un usage sur 4chan /r9k/ le 1er novembre 2015. Des preuves secondaires d’archives, pas des travaux universitaires.
  4. Un billet de blog de Psychology Today rapportant un décompte LexisNexis de 44 occurrences de looksmaxxing dans les archives du New York Times : 3 avant 2024, 5 en 2024, 6 en 2025, 30 au premier semestre 2026. Un simple relevé fait par le blog d’un magazine, non répliqué.
  5. Fils Looksmax.org datés du 24 octobre 2018, du 3 février 2019 et du 1er août 2023 ; fil Incels.is daté du 12 septembre 2020 ; un post de forum looksmaxxing de 2025. Les URL des fils figurent dans le fichier de recherche ; aucune n’a été ouverte par mes soins. À ouvrir une à une avant publication, pour confirmer les dates.
  6. Fils Reddit dans r/aspergirls, r/kitchencels, r/ROI, r/autism et r/aspiememes. Les horodatages complets ne sont pas confirmés d’une source à l’autre. Ne pas indiquer de dates précises sans avoir ouvert les fils au préalable.
  7. Sinclair, J. (1993). Don’t Mourn For Us. Discours prononcé à l’International Conference on Autism, Toronto ; publié dans Our Voice, Autism Network International, 1(3). https://www.autreat.com/dont_mourn.html
  8. Singer, J. (1999). “Why can’t you be normal for once in your life?” In Corker et French (dir.), Disability Discourse, Open University Press, 59 à 67. Le sous-titre de la thèse de 1998 varie selon les sources ; vérifier la notice de la Wellcome Collection avant de le reproduire.
  9. Botha, M., Chapman, R., Giwa Onaiwu, M., Kapp, S. K., Stannard Ashley, A., et Walker, N. (2024). The neurodiversity concept was developed collectively: An overdue correction on the origins of neurodiversity theory. Autism, 28(6), 1591 à 1594.
  10. Aragon-Guevara, D., et ses collègues (2023, publication papier 2025). The Reach and Accuracy of Information on Autism on TikTok. Journal of Autism and Developmental Disorders. 133 vidéos informatives parmi les plus vues sous #Autism, totalisant 198,7 millions de vues et 25,2 millions de mentions « j’aime ». Aucun financement déclaré. https://doi.org/10.1007/s10803-023-06084-6
  11. Gilmore, R., et ses collègues (2024). Building Community and Identity Online: A Content Analysis of Highly Viewed #Autism TikTok Videos. Autism in Adulthood, 6(1), 95 à 105. 678 vidéos totalisant au moins un million de vues. Financée par la subvention centrale NIH du Waisman Center, P50HD105353.
  12. Brennan, et ses collègues (2025). Deconstructing Information About Autism Diagnosis in Adults on TikTok. Journal of Autism and Developmental Disorders. 150 vidéos collectées le 4 avril 2024. Aucun financement déclaré.
  13. Russell, G., et ses collègues (2022). Time trends in autism diagnosis over 20 years: a UK population-based cohort study. Journal of Child Psychology and Psychiatry, 63, 674 à 682. Clinical Practice Research Datalink, de 6,8 à 9,6 millions de patients inscrits. Aucun financeur nommé identifié ; ce manque est signalé tel quel.
  14. Maenner, M. J., et ses collègues (2023), et Shaw, K. A., et ses collègues (2025). CDC MMWR Surveillance Summaries, 72(2) et 74(2). Surveillance du réseau ADDM sur 11 puis 16 sites ; financée par les CDC. Des estimations par site, pas un échantillon national aléatoire.
  15. Ahuvia, I., et ses collègues (2026). Identifying as Autistic Without a Formal Diagnosis: Who Self-Identifies as Autistic and Why? Autism in Adulthood. 147 adultes américains s’auto-identifiant comme autistes et 115 adultes américains formellement diagnostiqués, recrutés via Prolific. Financée par une bourse Psi Chi et une dotation de la Stony Brook University.
  16. Hull, M., et Parnes, M. (2021). Tics and TikTok: Functional Tics Spread Through Social Media. Movement Disorders Clinical Practice, 8(8), 1248 à 1252. Six cas. Financeur non identifié.
  17. Fremer, C., et ses collègues (2022, correction 2025). Mass social media-induced illness presenting with Tourette-like behavior. Frontiers in Psychiatry, 13, 963769. 32 patients suivis en clinique. Citer la correction de 2025 en complément. Voir aussi Müller-Vahl et ses collègues (2022), Brain, 145(2), 476 à 480, un article conceptuel distinct.
  18. Hartung, et ses collègues (2024). Prevalence of mass social media-induced illness presenting with Tourette-like behavior in Germany between 2019 and 2021. Journal of Psychiatric Research, 177, 234 à 238. 2 509 personnes interrogées, informations recueillies sur 6 744 proches. Aucun financement déclaré.
  19. Brickhill, R., et ses collègues (2023). Autism, thy name is man: Exploring implicit and explicit gender bias in autism perceptions. PLOS ONE, 18(4), e0284013. 300 adultes, majoritairement britanniques. Aucun financement spécifique déclaré.
  20. Cooper, K., Smith, L. G. E., et Russell, A. (2017). Social identity, self-esteem, and mental health in autism. European Journal of Social Psychology, 47(7), 844 à 854. 272 adultes autistes et 267 adultes non autistes. Le financeur varie selon les sources. Une correction de 2017 ne porte que sur le nom d’un auteur.
  21. Davies, J., Cooper, K., Killick, E., Sam, E., Healy, M., Thompson, G., et ses collègues (2024). Autistic identity: A systematic review of quantitative research. Autism Research, 17(5), 874 à 897. Vingt études répondaient aux critères d’inclusion sur 3 617 examinées ; une identité autiste plus positive était associée à de l’acceptation et du soutien externes envers l’autisme. Financée par Ambitious about Autism. https://doi.org/10.1002/aur.3105